La nature humaine est compliquée. Les sciences ne pourront jamais l'expliquer, aucune loi, aucune théorie ne peut-être posée sur le psychologique humain, aucun système ne le régit.
L'été se termine, sur une note mélancolique, nostalgique, les fleurs fanent, les feuilles tombent et la nature se prépare, se cache, se tapit pour éviter les vagues de froid en approche.
Et je vois tous ces enfants, encore naïfs, ils courent, ils foncent pour en savoir le plus possible, pour apprendre et devenir ingénieur, vétérinaire, médecin, technicien, pompier, astronome, ou encore « flic »..
Ces jeunes descendants de Candide grandiront, suite logique du cycle vital, et au plus ils en connaîtront, au plus ils voudront en savoir, mais.. au plus ils en connaîtront, au plus ils se détruiront.
Les questions viendront charger leur esprit encore fragile, l'existence leur paraîtra si bizarre, si incompréhensible, les questions sans réponses deviendront si lourdes que certains voudront y mettre un terme..
D'autres.. Le feront.
Le moment sera bientôt venu pour eux, de devenir « adulte », cet être étrange qui leur faisait peur, qui connaissait tant de choses, si grand, si fort, leur procurait une silencieuse fascination, l'élégant costard de papa et la robe rouge vermeille de maman les faisaient rêvasser. Loin d'eux l'idée qu'un géant appelé « responsabilité » se cacherait sous un si beau costume.
Très vite, l'enfant dépourvu de toute responsabilité, ne connaissant que peu de choses et ne s'en portant pas plus mal se retrouve devant ce monstre. L'un et l'autre en viennent à se demander ce qu'il pourrait créer pour être plus puissants. Mais où est donc passé le jeune garçon qui voulait devenir astronome ? Qui voulait toucher de plus près ces boules flamboyantes qui lui apportaient cette paix d'antan. Les questions qu'il avait sur son avenir, sur la vie, sont-elles devenues celles qui provoqueront dans quelques années la mort de son fils, ou de sa fille et ses cinq enfants..
Les vacances s'achèvent, dans un vent de franchise, les vérités éclatent, les amitiés se déchirent, d'autres se créées, certaines se retissent, une nouvelle année reprend.. Et parmi de nombreuses étoiles, fixant la leur, leur Ultime repère, certains s'accablent de questions, mais y trouvent un certain repos, une certaine paix. La brise d'automne apporte les bonnes résolutions, elles prennent leur envol et marquent le début d'un nouveau combat.
La musique résonne dans ma tête comme un bruit assourdissant, les basses prennent le dessus et viennent faire trembler mes tympans. Un frisson me traverse alors, la musique n'est plus la même, la voix retentit, et le piano entame une valse qui m'est familière. Son visage apparaît soudainement.. Je repense à elle en fixant cette étoile. Elle, mon Ultime repère.. Et je me rappelle de tout.. Je repense soudain à ces jeunes enfants, qui veulent devenir pompiers, « flic », astronome.. Je me rappelle qu'eux, ils n'avaient pas tant de questions à se poser.. Qu'eux, ils ne savaient pas, ils ne savaient pas tout ça.. Et je me dis, qu'au final, j'espère qu'ils ne le sauront pas.
La nuit apporte l'inconnu qui avec ses questions apporte des réponses. Dans la pénombre, nos yeux aveuglés, offrent la vue à un esprit, à un c½ur qui s'ouvrent à ces choses jusqu'à lors dépourvu de sens.